13 août 2005

Trois filles de leur mère

Dans ce court roman, Pierre LOUŸS imagine une situation que la morale aimerait improbable, bien qu'elle ne le fût peut-être pas au tournant des XIXè et XXè siècles...

Charlotte, Mauricette et Lili sont trois jeunes filles que leur mère, Teresa, prostitue. Teresa, fille du cirque et prostituée elle-même, à 36 ans, peut se vanter d'avoir légué à ses filles une éducation très particulière... Les trois soeurs ont respectivement 20, 14 et 10 ans, et pour aucune d'entre elles il existe encore des secrets dans les bizarreries et les perversités de la sexualité des adultes.

Pierre Louÿs, qui nous a habitué à de mémorables moments de pornographie littéraire, nous enferme ici avec son narrateur et ces quatre "filles de joie" entre les quatre murs d'une maison de tolérance. Son narrateur, qui n'est pas censé être autre que lui-même à 20 ans, n'a beau pas être innocent des choses du sexe, il n'en est pas moins décontenancé par le parcours de vie et les petites manies de ses nouvelles colocataires : Charlotte a besoin d'être humiliée, Ricette aime être battue, Teresa prend son plaisir à prostituer ses filles et à les traiter comme ses esclaves sexuelles. Quant à Lili, on va découvrir que, par comparaison avec ses deux soeurs et sa mère, c'est peut-être "la seule putain de la famille", c'est dire !

EXTRAIT :
(Mauricette) lança une de ces phrases que les filles de Teresa disaient si naturellement et qui me laissaient chaque fois dans une stupeur sans bornes.
« Lili ! cria-t-elle. Fourre-moi ta langue dans le cul pour voir si j'ai encore de la moutarde !
Et pendant que Lili soulevait le losange de l'arlequine, Mauricette répéta :
« C'est effrayant ce que le trou du cul me démange ! Non ! maman l'a fait exprès de me mettre en chaleur par derrière. (...) Eh bien, Lili ? quoi ?
— Ben, dit Lili, ça sent le foutre, la gousse, le caca, la putain, la moutarde, la guimauve, la queue, le jus de chat, la peau d'Espagne, le caoutchouc du godmiché, les suppositoires, le fond du bidet, le rouge pour les lèvres, la serviette à cul, la vaseline, l'amidon, le musc, les chiottes de bordel et les saloperies que je n'ose pas dire. »


210 pages, coll. 10/18 - épuisé

2 commentaires:

Artagnan a dit…

Bon, après ça, il va bien falloir qu'on s'abonne à HEGRE !

Nicolas a dit…

Chut !
Faut pas dire !!
;)